Généralités

Sur le long terme, l’impact d’un projet tel que CEVA est très positif. En effet, par nature non-polluant, le transport ferroviaire constitue une alternative efficace au transport individuel, et permet ainsi de réduire les émissions carbone.

Cependant, la construction-même d’un tel ouvrage peut engendrer des impacts non négligeables sur l’environnement qui, s’ils ne sont pas bien gérés, peuvent s’avérer négatifs. C’est pourquoi ces problématiques sont abordées avec une grande attention par le projet CEVA, afin d’une part, de respecter la législation en vigueur, et d’autre part de minimiser les impacts du projet, tant sur la nature que sur les riverains.

Un atout supplémentaire du projet est l’aménagement en voie verte du tronçon Eaux-Vives – Foron, comportant un axe de mobilité douce allié à des compensations écologiques fortes.

Impact des travaux

Pour un projet de telle ampleur, une étude de l’impact sur l’environnement (EIE) a été imposée lors de la demande d’autorisation de construire, étude dans laquelle des mesures spéciales de protection sont décrites dans différents domaines environnementaux.

 Pour CEVA, l’EIE a donné lieu à un rapport d’environ 1’000 pages, qui traite de 18 domaines tels que le bruit, les vibrations et sons solidiens, les eaux souterraines ou superficielles, la faune et la flore, les milieux naturels, les forêts, etc. Ce rapport analyse l’état présent et l’état futur, avec et sans CEVA, et décrit les impacts du projet sur l’environnement, ainsi que les mesures de protection ou de compensation à prendre.

Parmi les mesures prises en lien direct avec le déroulement du chantier, on peut citer le tri des déchets de chantier, qui se fera sur place ou dans des installations spécifiques en vue d’un traitement adéquat. Environ un tiers des matériaux d’excavation pourra être recyclé sur place.

Les méthodes de travaux ont également été définies pour minimiser les nuisances dues au bruit. Des informations aux riverains sont prévues en cas de travaux bruyants inévitables et les périodes ou ces travaux sont autorisés sont bien définies et limitées.

Le niveau de poussières présentes dans l’air est également surveillé et analysé à l’aide d’un dispositif de récolte des particules et à l’aide de station de mesures qui fonctionnent en continu.

Les eaux de chantiers seront « lavées » dans des installations de décantation (où l’eau repose et les éléments lourds et sales tombent au fond du bassin) et de filtration (l’eau passe à travers de colonnes remplies de charbon et/ou de sable qui retiennent les éléments sales), installés sur chaque chantier.

De nombreuses autres mesures concernent les milieux naturels

Suivi de chantier

La mise en œuvre des mesures environnementales décrites dans le rapport d’impact sur l’environnement, qui doit se faire dans les règles de l’art et en temps voulu, est d’une importance capitale pour que le projet respecte les prescriptions relatives à la protection de l’environnement.

Actuellement, cette tâche, au sein du projet CEVA, est assurée par un suivi environnemental de la phase de réalisation (SER), au sein duquel tous les spécialistes nécessaires sont représentés.

Concrètement, il s’agit d’un groupement de bureaux d’ingénieurs spécialistes en environnement, qui, depuis 2009, préparent et surveillent toutes les mesures environnementales pertinentes pour la construction, tout en veillant au respect des prescriptions et normes relatives à la protection de l’environnement. Il conseille et assiste les parties concernées, observe et évalue les problèmes écologiques qui se posent sur le chantier et garantit la mise en œuvre des obligations environnementales et conditions arrêtées dans la procédure d’autorisation. En complément, il devra assurer le contrôle d’efficacité et veiller à sa conclusion formelle: la réception écologique de l’ouvrage.

Vibrations

Le passage d’un train dans un tunnel souterrain peut engendrer des vibrations et du son solidien. Les vibrations sont directement perçues par l’être humain (contact direct), tandis que le son solidien provient de la transmission des vibrations dans le sol et les bâtiments construits au-dessus ; elles engendrent une variation de la pression de l’air, qui est perçue par l’oreille humaine comme un grondement sourd : le son solidien.

La transmission des vibrations et du son solidien dépend de la nature du sol, mais également d’autres facteurs, en particulier la profondeur du tunnel : plus la source est éloignée, moins les vibrations se transmettent.

Pour mesurer en surface l’impact de ces vibrations, les mesures in situ, soit une fois que le tunnel est creusé, restent la méthode la plus fiable. Cependant, des modèles mathématiques de transmission des vibrations ont été développés ces dernières années, et ont permis de simuler la réalité future, tout en prenant en compte de nombreux écarts-types de sécurité.

Ces modélisations permettent de pronostiquer les endroits sensibles du tracé CEVA au regard des normes en vigueur. Il faut relever ici que les directives fédérales en matière de vibrations sont, à l’instar de l’Allemagne, les plus strictes d’Europe.

Pour éviter la transmission des vibrations du rail au sol, et ainsi respecter la stricte législation suisse mais également dans un souci de confort pour les riverains, des dispositifs antivibratoires seront posés sous le rail sur l’ensemble du tracé CEVA ; aux endroits dit « peu sensibles », des chaussons caoutchouc sous le rail réducteurs de vibrations ; ou la pose de dalles en béton sur une couche élastique, fréquemment appelée « système masse-ressort ».

A noter que les gabarits des tunnels et tranchées couvertes de CEVA permettent la pose des deux systèmes.

Environnement nature

Nature

Flore

L’emprise des travaux CEVA se trouve parfois sur des zones où des espèces rares ou en voie de disparition ont été recensées. Mandat a donc été donné, en 2008 déjà, aux Conservatoire & Jardin botaniques de Genève d’en faire un relevé, d’en récolter les graines ou les bulbes, de les garder et de les replanter sur les mêmes espaces quand les travaux seront terminés.

Faune

La friche ferroviaire des Eaux-Vives s’est révélée accueillante pour la faune, en particulier le lézard des murailles. Pendant les travaux, divers petits abris à faune seront mis en place pour éviter sa destruction soudaine. En fin de chantier, les nombreux aménagements prévus le long de la voie verte ont vocation de recréer les milieux ainsi détruits.

Arbres

Patrimoine et paysage

Arbres

De nombreux arbres sont coupés pendant le chantier car, bien que le tracé soit essentiellement en souterrain, la construction débute toujours depuis le niveau du sol. Les engins utilisés pour la réalisation des tranchées couvertes ont besoin d’un espace de 30m de haut pour travailler. Les arbres se situant trop près doivent donc être abattus car l’atteinte à leur couronne serait trop importante pour garantir leur pérennité. De la même manière, les tranchées couvertes sont enterrées à plus de 30m de profondeur. Si le réseau racinaire de ces arbres est trop amputé, leur dépérissement est inéluctable et intervient très rapidement.

Des bureaux spécialisés ont été mandatés pour identifier avec certitude les arbres devant être abattus en fonction de leur distance par rapport au chantier. Ainsi, la possibilité de sauver chaque arbre a été analysée et les solutions possibles discutées avec les entreprises.
Plus de 300 arbres peuvent ainsi être conservés, en prenant des mesures de protection (pose de clôture autour des troncs, etc.).

Cependant, 1’200 arbres seront abattus sur les 14 kilomètres suisses de travaux de CEVA. Selon la loi fédérale sur la protection de la nature, chaque arbre abattu sera remplacé, par une espèce indigène dans la plupart des cas. A plusieurs endroits du tracé, les arbres abattus sont considérés comme «envahissants», en particulier le robinier. Cette espèce prolifère au détriment d’espèces plus locales. Le chantier est donc par endroit une opportunité de remplacer ces arbres envahissants par des arbres d’essence indigène, favorables à la biodiversité locale.

Dans la grande majorité des cas, les arbres seront replantés sur les mêmes périmètres. Cependant, un arbre a besoin d’un espace racinaire important pour se développer et c’est souvent ce dont il manque en ville. Ainsi, certains individus devront être replantés sur d’autres secteurs.

Le projet CEVA touche également à des zones forêts : en tout, ce sont près de 6’000 m2 qui seront défrichés. Mais de la même manière que pour les arbres isolés, chaque m2 de forêt sera replanté. La plupart de la forêt sera replantée sur place, à la fin des travaux. Seule une petite partie, soit 500 m2, sera compensée sur une autre parcelle, à Satigny.

Compensations écologiques

La flore et la faune rencontrées le long du tracé comprennent un certain nombre d’espèces protégées ou rares en territoire urbain. L’un des objectifs de la voie verte sera de recréer ces milieux.
Une attention particulière est portée à la conservation, voire à l’amélioration des cours d’eau traversés, tant dans leur structure que sur leurs berges . Ainsi, des espaces seront réservés sur les berges non seulement pour les crues mais également pour le passage de la faune sauvage.
C’est notamment le cas de la Seymaz, qui fait l’objet d’une renaturation sur plusieurs tronçons le long de son cours. La modification du pont ferroviaire et des abords immédiats, induits par CEVA, va s’inscrire dans le projet de revitalisation de la rivière. Ainsi, le vallon sera plus large que dans sa configuration actuelle et les berges seront réaménagées de part et d’autre du tracé ferroviaire. Cette renaturation permettra d’accroître son attractivité en tant que corridor biologique. Le nouveau pont ouvrira en outre un large panorama sur l’espace naturel du lit de la rivière et la végétation environnante.

Plus généralement, de nombreuses opportunités seront saisies le long du tracé de CEVA pour replanter des haies indigènes, des prairies et des talus herbacés.

Enfin, il ne faut pas négliger le réaménagement des interfaces autour des gares. Ces dernières font l’objet de concours d’aménagement de l’espace public initiés par l’Office de l’Urbanisme du canton de Genève.

Protection des eaux

 

Protection des eaux

Nappes phréatiques

Certains ouvrages entrent en contact avec des nappes superficielles ou avec la nappe plus profonde dite « nappe principale du Genevois ». Des essais en grandeur réelle ont été réalisés fin 2005 dans une gravière du canton de Genève présentant les mêmes caractéristiques que le sol concerné par le projet, afin de s’assurer de la fiabilité des méthodes constructives prévues. Les résultats permettent d’écarter toute atteinte aux eaux souterraines et confirment les mesures techniques envisagées.

Une attention particulière est portée à la construction des ouvrages pénétrant dans la nappe du Genevois, notamment dans la zone du Val d’Arve. En plus des précautions prises sur les chantiers, les nappes souterraines concernées par le projet font l’objet d’un suivi régulier (niveaux d’eau et qualité chimique) grâce à un réseau comportant plus de 50 points de contrôle.

Rivières

La Drize, le Foron, l’Arve et la Seymaz croisent le tracé de CEVA. Le chantier est ainsi l’opportunité d’améliorer l’écomorphologie de certains tronçons comme le Foron ou la Seymaz. Par ailleurs, des mesures de luttes contre des plantes envahissantes sont rendues possibles le long des bords de l’Arve. Différentes mesures visant à préserver la faune aquatique et terrestre sont intégrées au projet.