Cornavin
 

Les travaux de cette première étape de CEVA ont débuté en septembre 2005 et ont pris fin environ une année plus tard. La mise en service de la nouvelle voie a eu lieu en décembre 2006.
L’élargissement de la plateforme ferroviaire a entraîné la mise en œuvre d’ouvrages très complexes, articulés autour de l’installation de voies ferrées, d’aiguillages, de la caténaire, de la mise en place des éléments de sécurité et de signalisation.

But des travaux à Cornavin

Ces travaux complexes dans un environnement urbain très dense se sont déroulés selon le planning prévu et dans l’enveloppe du budget allouée à cette partie de CEVA.
Le but de ces travaux était de supprimer le goulet à simple voie à la sortie de la gare de Cornavin ; ceci afin de permettre le transit des trains régionaux entre Coppet et Lancy– Pont-Rouge avec un niveau de qualité optimal. La réalisation de ces travaux s’est articulée autour de trois points principaux : L’élargissement de la plate-forme existante pour permettre le prolongement de la voie 1 de 250 mètres, la reconstruction de l’ouvrage au dessus du cinéma Rialto, de l’Hôtel Cornavin et du passage Montbrillant et le ripage de la salle de sport sur 4,50 m avec la création de nouveaux vestiaires.
Des mesures environnementales étaient intégrées au projet comme, la mise en place d'un tapis sous ballast et le remplacement d’appuis de ponts pour limiter les vibrations et les sons solidiens.
Le déplacement de la ligne d'alimentation électrique pour réduire les rayonnements non ionisants. La construction d'une façade rideau afin d'atténuer les nuisances et d'améliorer l'insertion architecturale.
Par ailleurs, une autre série de mesures environnementales ont été mises en œuvre durant la phase chantier. L’utilisation de machines de chantier d'une très haute performance, l'apport et l'évacuation des matériaux par le train, l’optimisation des travaux bruyants pour en diminuer la durée.

Maîtrise d’ouvrage:                                     CFF SA – DCTI Etat de Genève
Entreprise de Bureau d’ingénieur:                 PGRA – tk3
Génie civil gros œuvre:                                Losinger SA
Entreprise technique ferroviaire:                   Cff DB
Ingénieur ripage salle de sport:                   Michel Paquet
Architecte ripage salle de sport:                   Jean-Marc Comte SA

 

Nouvelle voie 1 à Cornavin

Pour le gros œuvre, deux types de travaux ont été réalisés, la construction de l’estacade en encorbellement entre le Passage des Grottes et la cour de l’école de Saint-Gervais et la reconstruction des nouveaux ponts au-dessus du cinéma Rialto, de l’Hôtel Cornavin et du passage Montbrillant.
Ces ouvrages ont impliqué la reconstruction de nouvelles piles des ponts de la Servette et des Grottes et la pose de micropieux en raison de la nature du sol.
Afin de concentrer les nuisances pour les riverains sur un minimum de temps, plusieurs opérations spéciales ont été organisées de manière à préserver ces derniers.
La première s’est déroulée en octobre 2005 sur un week-end, elle a permis la démolition du mur de soutènement à l’arrière de la Haute école d’arts appliqués. Un pavillon d’accueil était ouvert à cette occasion.
Une autre action importante a été organisée lors d’un week-end d’avril 2006, 45 forages de 21 cm de diamètre et de 5 mètres de profondeur entre les voies 2 et 3 ont pu être exécutés en un temps record grâce à trois foreuses acheminées par trains.
L’installation de la charpente métallique du pont de la Servette s’est déroulée de nuit en novembre 2005.
Pendant l’été 2006 des travaux ont eu lieu 24 heures sur 24. Ceci a permis le remplacement de l’ancien pont de Montbrillant, le blindage des parois de soutènement ainsi que le terrassement de la plateforme ferroviaire à l’arrière de l’école de Saint-Gervais et la mise en place du tablier du pont.
L’inspectorat cantonal des chantiers a accompagné et surveillé l’ensemble des opérations.
 

Conserver le patrimoine

Pour faire face aux contraintes techniques, trois solutions s'offraient aux maîtres d'ouvrage :
La conservation intégrale, la conservation partielle, ou la démolition.
En concertation avec la Ville de Genève c'est la première solution qui a été choisie.
Pour conserver intégralement le bâtiment il a fallu le déplacer de 4,50 mètres lien vers page« ripage de la salle de gym » afin de laisser l'espace suffisant pour l'agrandissement de la plateforme ferroviaire.
Cette opération impliquait d'une part la démolition des vestiaires (construits lors des travaux de 1978-79) et d'autre part la reconstruction de nouvelles installations sanitaires en sous-sol.
Cette opération complexe a permis de rendre à la salle de gymnastique de Saint-Gervais son aspect d'origine avec la mise en valeur de ses façades pignons dont les boiseries sont devenues apparentes.
Grâce à la création des vestiaires en sous-sol, la façade sud-est a retrouvé sa visibilité et la cour de l'école a gagné de l'espace.
 

Ripage de salle de gymnastique

Pour ce type d'opération, il a fallu dans un premier temps apprêter le bâtiment en enlevant les finitions intérieures, les vitrages et les bardages, et démolir les vestiaires.
Ensuite la consolidation da la salle a été effectuée en installant des bandes de béton au pieds des murs, tout autour à l'intérieur et à l'extérieur, et des poutres métalliques qui renforcent les façades pignons.
La deuxième étape a consisté à excaver le sol pour préparer les nouvelles fondations de la salle et la construction des vestiaires en sous-sol.
Pour terminer cette préparation, il a fallu construire des bandes de béton dans la largeur du bâtiment afin de pouvoir installer les rails de glissement.
Le ripage a eu lieu le 14 février 2006 pendant 1h40 devant une foule d’élus et de curieux.
 

Historique de la salle de sport

Ce bâtiment répond à l'époque aux différents critères définis par l'hygiène moderne soit : une grande salle de forme rectangulaire, largement éclairé et aérée pour renouveler l'oxygène, un ou deux vestiaires, uniquement destinés aux garçons à l'origine, les filles devant plutôt s'adonner à la couture! Et enfin des toilettes.
Les quatre murs pleins ceinturant le bâtiment sont rythmés par des piliers saillants formant des pilastres formés dans la partie basse de quatre bandes de briques en alternance avec une pierre blanche. (voir image ci-contre)
Ces parements se retrouvent le plus souvent sur des bâtiments industriels. Ces murs sont surmontés d'un second bandeau de pierre blanche qui accentue l'horizontalité et termine la partie fermée de l'édifice.
Le niveau de l'éclairage du bâtiment découle du système constructif général formé par des piliers qui soutiennent l'entablement de la toiture.
Afin d'alléger la construction, les piliers ont étés décorés de deux piédestaux jumelé en pierre blanche qui semblent soutenir l'entablement.
Sur les grandes façades et sur les façades pignons, entre les piliers, on a ainsi sept grandes baies divisées chacune par trois fenêtres à six carreaux réalisées dans une menuiserie traditionnelle. (voir image ci-contre)
Un décor de bois au-dessus de l'entablement des façades pignons a été caché par des lambris depuis de nombreuses années et jusqu'à aujourd'hui.
Le projet de cette salle de gymnastique a été fait par un architecte sensible à l'habillage industriel et classique, illustré juste à côté avec l'école des Arts industriels (1876-1877).
Il s'agit probablement de Georges Habicht qui dirigea le Département des travaux de la ville de Genève à cette époque.
La première transformation de la salle de gymnastique remonte à 1909 et les travaux les plus nuisibles à cette salle ont été menés en 1978-1979.
Ces derniers ont profondément modifié l'aspect de la grande façade (voir l'animation en images : Construire en conservant le patrimoine... ). Lien vers page de sous-menu susmentionnée